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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

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Le numéro du mois

n° 427 - mai 2026
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Chevaux, ânes, mulets : quelle place dans nos campagnes ?


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

Je suis éleveur de chevaux de selle islandais depuis quinze ans, également maraîcher et arboriculteur dans les Alpes-de-Haute Provence avec vingt hectares cultivables et trente-cinq animaux. Les chevaux font partie du cycle de production sur ma ferme : chiffre d'affaires, fertilisation, valorisation des surfaces pastorales et rotation des cultures. Notre ferme s'est retrouvée insidieusement en zone pavillonnaire. Rendu à ce point, les chevaux deviennent un avantage et l'élevage un inconvénient. Les chevaux, icônes du lien entre l'homme et l'animal, font rêver et à ce titre ont gagné leur place en milieu semi-urbain. À l'inverse, l'élevage nous contraint à de multiples précautions pour éviter toute forme de nuisance (odeurs, bruits, insectes…). Sur ce territoire, il nous serait impossible de changer d'animaux d'élevage ! Une situation symptomatique de l'évolution de la perception du cheval dans la société depuis un siècle.
Pivots de la construction des sociétés humaines depuis des millénaires, source d'énergie pour la production et les déplacements, source d'alimentation, compagnons de vie et de travail, partenaires pour les loisirs, le sport ou l'apprentissage… les équidés, mais aussi leurs éleveur.euses, risquent aujourd'hui de se voir exclure du monde agricole. Les équins sont essentialisés, adulés, détenus en majorité par des particuliers et utilisés principalement pour des loisirs, loin du cycle de vie des naissances et des morts. Le changement de regard de la société sur les chevaux et les ânes remet même en question leur statut juridique.
Sous les feux croisés du monde agricole, qui peut considérer le cheval comme un animal inutile à la production, prédateur de foncier et en concurrence avec la production alimentaire ; et de la société civile, qui peut à l'inverse leconsidérer comme un animal de compagnie qu'il faudrait préserver de toute exploitation, les mondes équin et équestre doivent s'interroger. Quelle place à accorder à ces animaux et quels rôles et usages face aux défis de demain comme l'autonomie énergétique, l'agroécologie, le lien à la nature et aux animaux... ? Pour cela, un enjeu fondamental est de définir et défendre ce qui, pour la Conf', serait un cheval paysan.

Par Yannick Becker, porte-parole région Paca et membre de la commission cheval

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